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Autres eux
autres moi
Archive de la catégorie bétises
J’aime pas…
20.2.2009 par François S.
Les gens qui me bousculent dans la rue, quand ils ne me bousculent pas c’est que je me suis écarté. J’ai le sentiment d’être iii (incolore, inodore, insipide) comme l’eau pure.
Le volume sonore de la publicité. Et surtout le fait que la première pub diffusée soit systématiquement la plus bruyante et crétine. Pas de démarrage en douceur, immersion immédiate dans le mode d’en bas, celui de nos instincts de consommateurs.
Les gens qui vous expliquent le trait d’humour qui ne vous a pas fait rire. Je comprends toutes les blagues mais certaines ne me font pas rire, suis-je normal docteur ?
L’idiot qui a reposé l’éponge sans la rincer ou qui l’a rincée mais qui ne l’a pas essorée. L’idiot c’est moi, souvent.
La gomme que votre voisin vous a lancée parce que vous la lui demandiez. Elle vous a échappé des mains à renversé le café sur le document que vous corrigiez (le café a dégouliné sur votre entrejambe) et a roulé sous le meuble, celui qui est trop bas pour que l’aspirateur passe dessous. Il y a beaucoup de poussière, votre manche de chemise en ressort noire (ainsi que votre main, ça ne partira pas, c’est le toner de l’imprimante que vous avez renversé le mois dernier). Les blanchisseurs ont des actions dans les plantations de caoutchouc sud-américaines.
Le retraité qui vocifère parce que les jeunes n’ont aucune culture mais qui ne donnera pas une seconde de son temps pour lutter contre l’illettrisme.
Les gens qui se plaignent de l’éducation nationale mais qui ne se présentent pas aux élections de parents d’élèves.
Ceux qui disent « on a fait Rome » Rome ne s’est pas faite en un jour et sûrement pas avec ces gens là.
Ceux qui disent « j’ai été à Paris au mois d’août » au lieu de « je suis un crétin de touriste ».
Les gens qui disent « quat’ » au lieu de « quatre », ceux qui disent « escuses » au lieu de « excuses ».
Ceux qui vous souhaitent « bonne ap’ » à treize heures et dont on ne saura jamais ci c’était « appétit » ou « après-midi ».
Ceux qui disent « travaillent bien » à leur enfant le matin devant la porte de l’école, je ne donne pas d’ordre de ce genre à mes enfants, je leur dit « amuse toi bien », ils travailleront suffisamment longtemps dans leur vie et surtout bien assez tôt pour qu’ils n’aie pas besoin que je les formate dès l’école élémentaire.
Les expressions toutes faites comme « tout à fait », « au jour d’aujourd’hui », « toutes choses égales par ailleurs », « en tant que de besoin », « vous n’êtes pas sans savoir »…
Ceux qui vous disent « carpe diem » ou même « akuna matata » au lieu de vous dire tout simplement « t’emmerde pas avec ces conneries ».
Ceux qui confondent Monet et Manet, Klee et Klein, Wilson Picket et Nelson Picket, qui confondent blues et gospel, qui achètent des disques comme « les airs classiques de la pub » et qui adoooorent les impressionnistes et ne connaissent que les champs de coquelicots de Monet.
Ceux qui assènent que la photo en noir et blanc est bien plus belle qu’en couleurs alors qu’ils n’ont jamais fait que des photos de vacances ou d’anniversaires.
Ceux qui sont certains qu’on ne peut pas être ami avec une personne du sexe opposé.
Ceux qui se disaient athées et qui ont une croix sur leur tombe.
Ceux qui se placent juste à côté de vous dans les pissotières pour hommes.
Ceux qui ne se lavent pas les mains après avoir uriné.
Ceux qui expliquent combien les sports d’hiver c’est vachement cool à d’autres qui envoient leurs gosses en colo parce qu’ils n’ont pas les moyens de partir en famille l’été.
Ceux qui disent « on a qu’à les renvoyer chez eux » en parlant des sans papiers qui sont venus en France, croyant y trouver une vie meilleure que chez eux, justement.
Les petites vieilles qui sont fatiguées dans le métro à 18 heures, elles reviennent des Galeries Lafayette. Les autres, comme moi, reviennent du boulot, qu’elles aillent se faire voir ; je reste assis.
Ceux qui sont tellement mal à l’aise dans le silence qu’ils ne peuvent s’empêcher de vous dire des banalités sur la météo ou le programme télé, voire leurs problèmes digestifs.
Ceux qui disent que les jeunes n’ont aucune éducation à la boulangère à qui ils n’ont pas dit bonjour et à qui ils ont demandé un pain sans dire ni s’il vous plaît ni merci, avant de repartir sans dire au revoir.
Les gens qui te parlent de leurs problèmes gastriques ou intestinaux quand tu leur dit machinalement « bonjour, ça va ? ».
Les potelets qui t’empêchent de marcher à coté de ton gosse en revenant de l’école.
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La grande envie de rien faire quand je suis revenu de là-bas.
12.6.2008 par François S.
Oui, voilà je me suis éloigné 2 semaines des ordinateurs et au retour, j’avais perdu l’envie d’écrire ici.
Ça revient, doucement, comme un virus qu’on aurait mal soigné.
Là-bas, loin du virtuel, c’est un chouette pays peuplé de chouettes gens.
“5 ethnies, 5 religions et tout le monde vit en bonne entente” C’est une petite phrase qu’on m’a dite le jour de mon arrivée. Je confirme. Avec la nuance suivante : certains ne sont pas croyants mais ils se cachent.
Oui, c’était bien. beaucoup de rencontres, beaucoup d’amitié, un chouia trop de religiosité.
On y retournera sans doute.
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[pause]
18.4.2008 par François S.
Souvenirs
Kormoran Capitaine Scandinave Tint (sa) Verge Crasseuse et Minuscule Fesses (au) Con (de) Nicole (et au) Cul (de) Zénobie (et) Gaiement Géna (l’)Assistance (en se) Branlant Krannement.
Les souvenirs, parfois ça ne sert à rien. Celui là tout particulièrement.
Les souvenirs ça peut aussi faire du mal, par exemple quand je me souviens de mes parents qui me manquent encore.
Mais les souvenirs c’est aussi, celui d’une rencontre, d’une nuit, d’un matin, d’une vie, d’un lieu, du bruit de la mer, de la chaleur du soleil sur ma peau, du gout de sel sur ta peau tiède quand j’y dépose un baiser…
Donc, lundi soir je pars pour deux semaines me fabriquer des souvenirs.
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La vie des vêtements : la chaussette
29.3.2008 par François S.
La chaussette n’a pas de sens à sa vie.
Chez le vêtement elle fait partie d’une sous-classe, on lui marche dessus à longueur de temps et elle est moins considérée que la chaussure.
Chaque vêtement a un sens. La chaussure est droite ou gauche, le pantalon a un sens pour se porter, comme le slip, le caleçon, le tricot de corps, la chemise, le manteau, les gants et même le chapeau et la cravate !
La chaussette, soeur jumelle, est portée indifféremment par le pied gauche ou le pied droit, elle n’a aucune attache particulière avec le bout de membre qu’elle recouvre car la prochaine fois, ce sera peut être sa soeur l’autre chaussette qui sera à sa place.
Le gant et la chaussure, eux, savent bien où est leur place dans l’univers, ils connaissent le pied ou la main qu’ils recouvrent, ils ont forgé au fil du temps une relation étroite, pleine de douleur les premiers temps, le temps de s’accepter l’un l’autre, puis plus charnelle ensuite, pour finir par parfaitement s’épouser.
Les autres vêtements ont vu leur parcours se mettre en place immédiatement : placard, corps, machine à laver, ad libitum.
Non, la chaussette n’a pas sa place sur le corps humain. Un jour à droite, un jour à gauche, tout est fait comme si l’homme la méprisait.
Alors un jour, la chaussette, désespérée observe tous les autres vêtements dans le panier de linge sale qui les emmène vers la machine à laver et, dans un dernier sursaut de dignité, elle saute par-dessus le panier et disparaît de la garde-robe de l’homme.
On retrouve parfois sa carcasse derrière un meuble ou sous un autre lors d’un déménagement ou d’un grand nettoyage. Ce pauvre vêtement est alors recouvert de poussière ou de toiles d’araignées, seuls êtres à les avoir prises en considération alors qu’elles n’étaient plus rien. Mais il est souvent trop tard, l’humain a bien souvent sacrifié sa soeur jumelle.Sans respect pour ce qu’elle fut, il la jette dans une poubelle avec tous les détritus qu’il génère.
Salaud d’homme ! Être ingrat et sans reconnaissance pour tes serviteurs ! Sois honni par les chaussettes ainsi que par les socquettes et les bas, leurs confrères et consoeurs !
Voilà, il fallait bien qu’un jour ces choses vous soient révélées. Espérons que dorénavant vous regarderez ces pauvres petites choses avec moins d’ingratitude, que vous aurez une pensée pour tous les sacrifices de chaussettes que vous avez déjà commis.
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une histoire d’amour
5.3.2008 par François S.
Ces 5 petits mots furent retrouvés dans le tiroir d’une vieille commode, délaissée sur un trottoir de Clamart, pour enlèvement par le service de ramassage des ordures non-ménagères. Avec un peu de patience j’ai pu les replacer dans un ordre logique. Les voici aujourd’hui présentés sous vos yeux.
Lundi
Mademoiselle,
Vous ne me connaissez pas, mais nous nous voyons tous les matins dans l’autobus ligne 189
Je monte à la station “cimetière” et je m’assois systématiquement face à vous. Vous descendez à la station “Corentin Celton”, nous voyageons donc ensemble pendant une bonne vingtaine de minutes. Jamais je n’ai osé vous adresser la parole, ma timidité maladive me l’interdisant. Je crois pouvoir penser qu’il en est de même pour vous car vous détournez systématiquement les yeux lorsque nos regards se croisent. Chaque jour, vous êtes accompagné d’une personne de votre service qui doit être votre supérieure hiérarchique, aussi je ne veux pas vous compromettre et je n’ose m’approcher. Je glisse ce petit mot dans votre sac à main en espérant que vous le lirez avant demain matin, et que nous pourrons enfin oser nous parler.
Signé : l’homme brun légèrement chauve aux yeux marron.
Mardi
Mademoiselle,
Ce matin, lorsque je suis monté dans l’autobus à la station “cimetière” le siège face à vous était occupé par une grosse dame d’environ 75 ans. J’ai vu que vous cherchiez du regard dans l’autobus quel pouvait bien être la personne qui vous avait écrit hier. A mon grand désespoir, trois autres hommes bruns sont montés dans l’autobus avec moi et malheureusement, je n’ai pu parvenir jusqu’à votre place qu’à l’instant où vous descendiez.
J’ai passé une bonne partie de la journée à rédiger ce petit mot et je le glisserai dans votre sac à main ce soir lors du trajet de retour, j’ajoute un petit détail qui vous permettra, sans doute, de m’identifier.
Signé : l’homme brun légèrement chauve aux yeux marron, avec une petite bedaine.
Mercredi
Mademoiselle,
Une fois encore la malchance était avec nous. Ce matin je suis arrivé en retard à l’arrêt d’autobus et je l’ai vu partir sous mes yeux. Vous étiez à son bord, je vous ai vue dévisager les hommes bruns qui venaient d’y monter. Je suis l’homme rougeaud qui à couru 3 minutes après l’autobus au milieu de la rue sans pouvoir le rattraper. Je pense arrêter de fumer dès demain. J’ai eu le temps d’apercevoir un homme brun s’asseoir face à vous. Ce n’était pas moi, je suis plus petit. Je placerai ce mot dans votre sac à main lors du trajet de retour de ce soir.
Signé : l’homme brun légèrement chauve aux yeux marrons, avec une petite bedaine et qui mesure 1 m 52.
Jeudi
Mademoiselle,
Ce matin vous n’étiez pas seule dans l’autobus ; un jeune homme brun était assis face à vous et vous discutiez joyeusement. Sans doute est ce celui qui hier s’assit face à vous. Comment avez vous pu ainsi vous laisser abuser ? Il est plutôt châtain, ses yeux sont verts, son ventre plat et il mesure plus d’1 m 80 !
Mademoiselle, je vous en conjure, quand vous lirez ce mot, vous saurez que cet homme n’est qu’un imposteur. Demain je serai vêtu d’un costume en velours orange, vous ne pourrez pas vous tromper.
Je glisserai ce mot dans votre sac à main sur le trajet de retour ce soir.
Signé : l’homme brun légèrement chauve aux yeux marrons, avec une petite bedaine, qui mesure 1 m 52, en costume ORANGE !
Vendredi
Mademoiselle,
J’ai bien compris que vous n’osiez pas intervenir quand les agents m’ont menotté. L’usurpateur vous fait peur et vous prive de liberté, je le sais bien.
Je glisserai ce mot dans votre sac à main dès ma sortie de prison dans deux mois. Je vous retrouverai, mademoiselle, et notre amour pourra enfin prendre son envol. J’empêcherai cet homme brun de vous approcher. Vous verrez comme vous serez fière de moi lorsque j’expulserai cet odieux individu hors de l’autobus !
Signé : l’homme brun légèrement chauve aux yeux marrons, avec une petite bedaine, qui mesure 1 m 52 et à qui on a rasé le crâne et ôté les lacets.
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