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un an

Il y a un an, notre liste était élue aux commandes de la ville. Pour moi c’était une première, une nouvelle aventure.

Je ne suis pas du genre à faire des bilans. Le genre à regarder derrière pour voir le chemin parcouru, très peu pour moi ; si je m’arrête, je meurs. J’essaie de faire en sorte de n’avoir ni remords, ni regrets.

Et puis là je viens de lire un blog, celui d’un type que j’aime bien. Le genre de mec qui vous horripile parfois mais dont vous aimez quelque chose (mais quoi ?) qui fait qu’il ne vous lasse pas de le voir. Bref, mon pote a écrit un post, bilan de ses trois dernières années. Ça m’a donné envie de faire pareil. Comme j’ai pas envie de parler des deux premières trois dernières années (je me reconnais à fond dans cette formule. J’aime bien compliquer l’explication (comme par exemple faire une parenthèse dans une parenthèse (comme à l’instant par exemple) ça complique la lecture mais ça me fait jubiler parce que ça ressemble vraiment au fil  de mes pensées) parce que souvent en français il manque des mots pour exprimer une chose pas si rare que ça (ici les 2 premiers items d’une liste de 3) alors moi je m’invente une  formule qui va bien en bouche) je vais donc vous parler uniquement de la troisième année : de mars 2008 à mars 2009.

Voilà, on a été élus, j’ai une double délégation à un prix bradé (je suis délégué mais pas adjoint) et ça me plaît ‘achement.

Vous en voulez plus ?

Je bosse avec des gens super géniaux et j’ai l’impression que je suis apprécié. (Tiens, même en admettant que tout le monde soit hypocrite, ce qui est éventuellement possible, voire probable pour certains : eh bien je m’en fous, je prend le bon, je laisse le mauvais. Je savoure le présent.)

Et puis, ben voilà, faut bien le dire. Merci la vie. Il y a 7 ans j’aurais pas cru ça.

Et là, tout de suite je pense à elle, cette femme que je n’ai pas connue. Disparue il y a un an comme j’aurais pu, moi, il y a sept ans…

Le romantisme ? voilà :


En fait voilà ; j’aimerai bien être amoureux de toi mais d’une autre façon que celle à laquelle on pourrait s’attendre.

Si tout se passait selon les règles habituelles, ça serait vraiment très conventionnel. Je suis marié, tu es mariée. Nous aurions une attirance l’un pour l’autre. Je tenterai une approche, tu te laisserais faire ou tu me ferais gentiment comprendre que ce serai peine perdue. Selon le cas nous irions un peu plus loin ou en resterions là.

Si nous allions un peu plus loin, ce serait d’abord en cachette de nos conjoints, de nos collègues, de nos proches. Puis un  jour cela deviendrait  public ; soit par une petite erreur que nous aurions commise soit  que quelqu’un nous aurait surpris à notre insu.

Alors ça deviendrait douloureux, il nous faudrait choisir. Nous ferions de la peine, nous aurions de la peine. Tout serait compliqué à vivre. Ce serait intense et déchirant.

Puis une fois nos destins choisis, tout retomberait comme un soufflé froid. Soit que nous aurions continué à vivre avec nos conjoints, soit que nous aurions décidé de vivre ensemble ; une routine s’installerait à nos dépends : travail, maison, garde des enfants, intendance, gestion, bla bla bla.

Non. Voilà ; Je voudrais être une femme et tomber dingue amoureuse de toi. Devenir lesbienne comme ça, instantanément à ta vue. Etre troublée quand je te croiserais dans un couloir. Frémir quand nous nous ferions la bise le matin en pensant à tenter quelque chose, à tourner légèrement le visage pour que nos lèvres se frôlent, à te toucher l’épaule  tout près du cou ou même la taille. Te demander le nom de ton parfum et en acheter un flacon pour en asperger mon oreiller et rêver de toi en m’endormant.

Etre mariée, avoir honte de moi et de mes pensées en regardant mes enfants et l’homme qui ne saurait rien de mon trouble.

Alors j’essaierais de te croiser le plus possible, de créer des occasions d’être ensemble, de te proposer de déjeuner à la même table à midi. De te raccompagner le soir de venir te chercher le matin. J’en deviendrais folle. Tu occuperais toutes mes pensées. Et j’aurais honte, honte, honte, mais je me complairais dans cette honte comme on peut éprouver du plaisir à s’enduire de boue tiède.

Et alors ma vie de femme prendrait un sens.

Et un jour tu saurais. Et tu me fuirais. Et après maintes tentatives de renouer avec toi un infime lien, je t’écrirais une longue lettre d’amour, aboutissement de mon désir charnel, et je m’empoisonnerais comme une adolescente romantique et perdue. Ce serait dramatique et beau comme le film « Casablanca ».

Mais donc voilà ; je suis un homme et je ne t’aime pas d’amour. Des fois, la vie c’est pas très exaltant, moi je trouve. Non ?

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