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Archive pour août
[Camille] 3 - Fred
5.8.2008 par François S.
Fred
Je prends le temps de réfléchir. Voyons voir…Camille n’a qu’une activité en dehors de son travail et ça à lieu dans la commune. Je connais à peu près toutes les personnes qu’elle côtoie dans ce cadre là, je les ai rencontré lors de réunions de fin d’année où de vernissages d’expositions. Non, ça me paraît sûr que ce n’est pas une copine de l’atelier de poterie. Sur son lieu de travail… ça ne colle pas. Comment Fred n’aurait-elle pas remarqué son absence et Camille devait lui téléphoner. On ne téléphone pas à sa collègue si on bosse dans la même PME ! Alors quoi ? Sa famille ? Je les connais tous, depuis le temps, je ne pense pas qu’il lui reste une cousine cachée et si proche d’elle ! Bon, laissons venir…
Je me pose une question idiote. Est-ce qu’une femme reçoit sa copine à poil sous un peignoir ? Je lui ai dit que j’étais malade, mais est-ce normal de rester en peignoir pour la recevoir ? Dans le doute je me dis que je vais prendre une douche et enfiler quelques frusques.
Flûte ! Je n’avais pas pensé à ça ! J’ai les cheveux longs maintenant, et quand je me suis shampouiné les cheveux j’en ai fait un paquet de nœuds terrible ! Il faudra que je pense à aller chez un coiffeur pour me les faire couper si la situation perdure, parce que je pense que je risque de mettre longtemps à m’y habituer.
Détail amusant. J’avais l’habitude de régler le jet de la douchette sur sa puissance maximale, j’aimais bien quand l’eau me cinglait. J’ai du modifier le réglage, j’ai cru que je me découpais les tétons quand les premières gouttes d’eau ont jaillit. Sinon c’est agréable, j’en profite pour me caresser la poitrine, je trouve ça génial. Je cumule deux plaisirs, deux sensations. Je ne traîne pas trop tout de même, Fred risque d’arriver à tout moment.
Voilà ! Je sors à peine de la douche, je suis encore en train de m’éponger que l’on sonne à la porte. Je renfile le peignoir, les cheveux encore emmêlés et dégoulinants sur les épaules et je cours lui ouvrir.
Une femme assez élégante, des vêtements griffés, des chaussures à talons hauts. Brune, une trentaine d’années, plutôt jolie et bien faite. Ça doit être Fred.
- Bonjour ! Entre, je finis de me sécher et je suis à toi.
- Bonjour ma puce ! Eh bien ! Tu as passé tes cheveux au mixeur ? Me dit-elle avec un sourire.
- Ne m’en parles pas, je ne sais pas ce qu’il m’a pris, j’ai utilisé le gel douche pour les laver !
- Elle rit et entre dans le salon.
- Ne t’en fais pas pour moi, tu peux rester comme ça. Si tu veux je vais t’aider à les démêler.
Comment lui dire qu’elle me tire une sacrée épine du pied ?
- Ah, ça je veux bien ! Je me disais que j’irais sans doute les faire couper court.
- Les temps changent, il n’y a pas deux semaines, tu me l’as refusé. S’il suffisait d’y faire des nœuds, j’aurai du les faire moi même pendant ton sommeil.
Pendant mon sommeil !? Quand ont elles eu l’occasion de dormir ensemble ? Camille ne découche jamais !
- J’aurais eu l’air maligne devant Dominique !
- Ah, ça oui ! Mais peut-être que ça t’aurais amenée à lui parler ! Si j’en juge par ton attitude, tu ne lui as encore rien dit malgré ta promesse d’hier ! Ce n’est pas grave, je m’y attendais, tu n’es pas encore vraiment prête…
Tout en me parlant elle m’a pris des mains la serviette de bain que je tenais et elle a entrepris de me sécher les cheveux. C’est très agréable. Prête à quoi ? Qu’est-ce que Camille devait me dire hier ? J’ai à peine le temps de me poser cette question qu’elle me fait une petite bise sur l’oreille et s’éloigne.
- Je vais chercher une brosse, un peigne et des ciseaux. Je vais te faire belle, ma chérie ! Tu vas être une vraie têtue, tu vas voir !
Une têtue ? Je suis paumé ! Qu’on me réveille, qu’on me dise que ce n’est qu’un cauchemar !
Et la voilà qui revient, un peigne et des ciseaux à la main. Elle a du voir ma mine défaite, parce qu’elle rit à gorge déployée.
- Ne t’inquiètes pas, ma puce, je ne vais pas te raser la tête tout de même ! Remarque ça serait drôle à voir !
- Eh bien, je me demandais si tu étais sérieuse !
Et à mon tour je ris, soulagée par ses paroles et surtout heureux de comprendre ce qu’est une têtue. Tout ça n’explique pas vraiment qui est Fred, je soupçonne une relation homosexuelle, mais j’hésite encore à le croire. Camille semblait si heureuse quand je lui faisais l’amour. Ça voudrait dire qu’elle simulait ? Est ce qu’on peut être mariée et être lesbienne ? Devait-elle m’annoncer qu’elle me quittait pour vivre avec Fred ?
- Dis moi Camille, ça va mieux ton mal de ventre ? Tu ne me donnes pas l’impression d’être si souffrante que ça…
-Euh, oui, enfin je veux dire, ça passe doucement…
- Mouais.
J’entends le travail des ciseaux dans ma chevelure et je vois de longues mèches soyeuses tomber sur le sol. J’espère qu’elle est coiffeuse au moins, je n’ai pas envie de ressembler à un vieux balai. Elle était belle Camille avec ses cheveux longs, j’adorais passer ma main dans sa chevelure. Et l’odeur de ses cheveux ! Du soleil en brin, une odeur chaude et réconfortante, une douceur intraduisible sous mes doigts…. Si jamais je redeviens Dominique, je les regretterai, si jamais… Mais en attendant je suis Camille et ces cheveux sont plus une gêne qu’autre chose.
Il faut que je sache qui est cette Fred, qui semble si proche de ma femme. Peut-être qu’elle saura m’écouter, me comprendre. Avec un peu de chance, à deux nous arriverons à comprendre.
-Fred ?
- Oui ?
- Dis moi, ça fait combien de temps qu’on se connait toutes les deux ?
- Pourquoi cette question ? Je dirais 6 mois environ.
- Parce que je me demandais si nous deux… Enfin, je voudrais être sûre que…
J’hésite à dessein, si tout se passe bien elle devrait finir ma phrase.
- Je ne comprends pas Cam, que veux-tu me dire. N’hésites pas, je peux tout entendre de toi tu sais !
Il faut se lancer, je vais prendre un risque idiot, mais après tout je ne suis pas vraiment Camille.
- Je voulais savoir si tu m’aimais vraiment, voilà.
-hein ? Si je t’aime ? Mais bien sûr que je t’aime ! Mais toi, pourquoi cette question maintenant ? Tu m’aimes, dis, Camille ?
- Si je t’aime ? Je me posais justement la question à l’instant. Je crois que oui, je crois que je t’aime.
Fred pose ses ciseaux et son peigne. Elle va s’assoir sur le fauteuil du salon. Comme abasourdie. Puis, très doucement elle me demande :
- Alors, pourquoi ne me l’as tu jamais dis ? Tu faisais semblant de ne pas m’aimer ? Tu avais peur de tes sentiments ? Tu avais peur qu’on te rejette ? Tu sais Camille, être homosexuelle, ce n’est pas une tare, surtout si l’amour est là ! À deux on est plus fortes.
Bon sang ! Mais je suis le roi des crétins ! Fred n’est pas l’amante de ma femme, c’est une amie homosexuelle à qui elle se refusait ! Maintenant, après ce que je viens de dire… Mais qu’est ce que j’ai fait ! Après deux heures passées dans la peau de ma femme, voilà que je l’ai fait devenir lesbienne !
J’en suis là de mes réflexions, ne sachant plus que faire. Je ne peux plus dire à Fred que je ne l’aime pas, elle ne me croirait plus ou ne comprendrais pas. Pourquoi ne lui ai-je pas simplement dit la vérité, ou même rien du tout ? Me voilà bien embarrassé maintenant, moi qui croyait que ma femme avait une amante ! En fait je n’ai fait que fantasmer, même dans la peau d’une femme, je reste un macho incorrigible….
Il reste un point obscur ; si ce n’étais pas pour m’annoncer son homosexualité, que devais donc m’annoncer Camille hier ?
Le téléphone sonne. Nous nous regardons avec Fred. Je n’ose pas décrocher, j’ai trop peur de découvrir encore autre chose ce matin. Fred me sort de ma torpeur :
- Tu ne décroches pas ? C’est peut-être Dominique qui prend de tes nouvelles…
Dominique… Je l’avais un peu oublié. En effet ça ne peut être que lui. Qui d’autre sinon ?
- Allo…
- Bonjour Camille, vous ne venez pas travailler ce matin ?
Bon sang, j’avais oublié ça !
- heu, je… Je n’étais pas très bien ce matin au réveil, j’ai eu un mal de ventre terrible…
- Vous auriez du nous prévenir ! Vous serez là cet après-midi ? Je ne vous y oblige pas, si vous préférez rester chez vous à vous reposer… Mais essayez d’être là demain, vous savez comme le dossier Vaillant est important, nous avons déjà suffisamment de retard…
-Merci, oui, je crois que je vais rester un peu chez moi, je serai là demain sans faute.
- Alors tant mieux. Vous savez, Camille, si ce n’étais pas vous j’aurais très mal pris que vous ne me préveniez pas !
- Je vous en remercie…vraiment.
- Tiens, j’ai une idée ! Demain midi je vous emmène déjeuner, nous discuterons au calme de ce dossier, voulez-vous ?
- Pourquoi pas ! Oui.
- D’accord, alors soignez-vous bien et à demain, Camille.
Si seulement, je savais qui était ce type au téléphone, bon demain sera un autre jour. Pour le moment Fred est là et elle à quelque chose à m’apprendre : que devait m’annoncer Camille hier ?
- Fred ?
- Oui ?
- ce que je vais te demander est un peu embarrassant, surtout ne t’offusque pas. Je t’expliquerais ensuite s’il le faut…
- Ah ! Eh bien, je t’écoute….
- Peut tu me rappeler ce que je devais dire à Dominique hier ?
- Incroyable ! Tu ne SAIS vraiment pas ?
- Non, je t’ai dis que c’était embarrassant…
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