Vous parcourez actuellement les archives du blog semailles de juin .
- bétises (5)
- Camille (3)
- clamart (5)
- développement durable (1)
- divers (11)
- gauche (3)
- nouvelles (4)
- politique (11)
- rêve (1)
- synesthésie (1)
- vert (3)
- vie des vêtements (1)
- 18.1.2010: La femme est l'avenir de l'homme.
- 17.9.2009: Laurent
- 16.7.2009: [Facebook] j’ai des amis aussi IRL
- 26.3.2009: un an
- 23.3.2009: Le romantisme ? voilà :
- 20.2.2009: J’aime pas…
- 16.2.2009: Céline
- 2.12.2008: Le Black Friday (Le spectacle continue !)
- 22.11.2008: Martine & Ségolène
- 15.10.2008: Récession <=> inflation ?
Autres eux
autres moi
Archive pour juin
Loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 (JO du 28/05/08)
30.6.2008 par François S.
« Toute discrimination directe ou indirecte fondée sur le sexe est interdite en matière d’accès aux biens et services et de fourniture de biens et services. Ce principe ne fait pas obstacle à l’organisation d’enseignements par regroupement des élèves en fonction de leur sexe. »
Oui, vous avez bien lu, depuis le 27 mai dernier, la mixité scolaire est remise en cause.
40 ans après mai 1968, il sera à nouveau possible en toute légalité d’apporter un enseignement différent selon que l’on s’adressera à des filles ou à des garçons.
Cette loi est passée sans faire de remous, ou si peu. Un petit article dans libération en mars, une page dans le monde en mai, quelques lignes dans Marianne en mai et un quart de page dans femme actuelle sont les seuls textes critiques. Le reste des média n’en a pas parlé.
Vous noterez au passage l’intitulé du texte de loi : « lutte contre les discriminations ». en cette fin d’année scolaire, je vous invite à relire sur la plage, un livre magnifique de Margaret Atwood : » la servante écarlate ». Si vous en avez le temps, lisez aussi “tirs croisés” de Caroline Fourest.
Et surtout : Mères , faites attention à la façon que vous avez d’éduquer vos garçons.
Bonne chance à vos filles
Posté dans politique, divers | Imprimer | Aucun commentaire »
[Camille] 2 - La journée commence
26.6.2008 par François S.
La journée commence
Je ne vais tout de même pas rester cachée dans les toilettes pendant des heures. Je me relève, tire la chasse d’eau et ressors en me tenant encore un peu le ventre pour donner le change. Lui, il est là, en train de fumer une cigarette devant un bol de café. Je vais m’asseoir en face de lui. Le plus simple sera de lui parler, si c’est un cauchemar que je vis, je m’en rendrai bien vite compte.
- Ça va mieux ?
- Mouais. Enfin, ça va aller.
Je lui pique une cigarette dans son paquet, l’allume et en tire une bouffée. Ça me calme un peu.
- Tu fumes maintenant ? Et dès le réveil ?
- Hein ?
Je viens de réaliser que la vraie Camille ne fumait pas, au contraire elle n’avait de cesse que je ne fume pas. Bon, il va falloir se lancer, tout lui dire avant que je ne sache vraiment plus quoi faire.
- Ecoute Dominique, j’ai une chose importante à te dire.
Je le vois blanchir. Il va me falloir me faire à l’idée que je suis une femme. Quand une femme parle comme ça à son mari, c’est qu’il a fait une énorme connerie à ses yeux. Il faut le rassurer tout de suite.
- Ne t’inquiète pas, tu n’as rien fait ou rien dit de mal. Non, c’est juste qu’il s’est passé quelque chose hier.
Il blanchit encore plus. Bon sang, je ne vais jamais y arriver. Maintenant, il s’imagine que j’ai rencontré un autre homme !
- En fait, ça s’est passé cette nuit, je m’en suis rendu compte ce matin devant le miroir.
Ah, il semble rosir un peu. Il est moins inquiet et plutôt intrigué. Bon, sang de bois ! On a fait l’amour cette nuit ! Mais qu’est-ce qu’il va imaginer maintenant ? Mais c’est terrible que des mots si simples puissent être chargés de double sens selon que ce soit un homme ou une femme qui les prononcent !
- Hier soir, quand je me suis endormie, j’étais un homme, j’étais Dominique. Ce matin, je suis Camille.
Là, il me regarde sans aucune expression sur le visage. Il va falloir que je répète ou que j’explique. Je crois que je viens de lui griller 10000 synapses d’un coup.
- Ce matin, je me suis vue dans le miroir, et alors que je sais que je suis un homme, en l’occurrence Dominique époux de Camille, j’ai vu Camille dans le miroir. Et quand je t’ai vu dans le lit, j’ai compris que j’étais le seul à avoir changé de sexe. Ou plutôt que je me suis dédoublé, une partie est restée moi, c’est toi et l’autre est devenue Camille, moi. Le vrai problème c’est de savoir ce qu’est devenue Camille…
Il est vert. Il ne comprend rien.
- Je ne peux pas être plus claire. Je suis Dominique dans la peau de Camille.
- Mais tu es Camille ! Je ne comprends rien à ce que tu me dis ! Si c’est un jeu ce n’est pas drôle, et si tu veux bien, on en rediscutera plus tard, là il va falloir se magner si on ne veut pas être en retard au boulot.
Et il me laisse plantée là et court vers la salle de bain. Je suis si con que ça d’habitude ?
Bon, il n’a rien compris, j’aurais dû m’en douter. C’est un homme, il me voit comme une femme et forcément ce que je dis clairement lui paraît obscur, simplement parce qu’il s’attend à ne pas comprendre. Si j’avais été un copain ou un frère ça ne se serait pas passé de la même manière. Il m’aurait écouté patiemment, aurait posé quelques questions, tout d’abord il n’aurait pas voulu me croire puis il aurait fait quelques efforts et aurait peut-être accepté de me croire. Dans le fond, ça n’a rien de bien révoltant, c’est une sorte de cran de sûreté que les hommes possèdent. Le cerveau prend une conformation spéciale, du genre « attention, c’est une femme qui parle » et il ne s’attend qu’a entendre des reproches ou une demande d’attention particulière, si ce n’est pas le cas, il cherche le sens caché de ce que la femme lui dit et s’il ne le trouve pas, il abandonne le dialogue. Dans le cas présent, je sais très bien ce que Dominique veut ; il ne souhaite surtout pas que je lui prenne la tête dès le matin, et ce sera inutile d’en reparler ce soir, il sera dans le même état d’esprit. C’est perdu d’avance avec lui. Je crois me souvenir qu’en cinq ans de vie commune je n’ai écouté Camille qu’une fois ou deux, et je ne me souviens même plus de quoi il s’agissait.
Je ne vais pas l’ennuyer avec ça, je vais trouver un autre moyen de comprendre. Mais lequel ? C’est l’heure d’aller bosser et je ne me vois pas remplacer Camille dans sa boite. Tout d’abord, j’ai d’autres chats à fouetter et puis je ne suis pas secrétaire, je suis informaticien, et surtout je ne connais personne dans son entreprise. Je ne sais même pas pourquoi je me dis cela ; la seule chose qui compte c’est de retourner dans ma peau et de savoir ce qu’est devenue la vraie Camille. Au moins pour ce qui est du mode de fonctionnement je n’ai pas changé, c’est toujours aussi incohérent.
Dominique redescend de notre chambre, lavé, rasé, habillé, prêt à aller bosser. Je connais d’avance la scène ; enfilage de chaussure, récupération des clefs et de la petite sacoche avec les quelques papiers et la revue de la semaine à lire dans le métro, rapide bisou et un « à ce soir » lancé en hâte. En fait, il s’ennuie avec moi le matin. Je le sais bien, puisque lui, c’est moi.
Et ça ne rate pas, tout se déroule comme prévu, il a simplement ajouté un « Et toi ? Tu ne te prépares pas ? Tu vas être en retard ! » auquel il n’était pas besoin de répondre, de toute façon, je sais bien qu’il s’en fout. J’ai tout de même balbutié un « Ne t’en fais pas… » de circonstance en refermant la porte derrière lui. Et puis je me suis rassise et me suis servi un café bien fort. Et je lui ai ouvert un paquet de clopes. Trop besoin.
J’ai passé une bonne heure comme ça à chercher une solution. Rien trouvé. Et puis le téléphone a sonné.
- Allo ?
- Allo, Camille ?
- Oui. Bonjour…
- C’est Fred, qu’est-ce que tu fais chez toi ? J’ai appelé à ton bureau, on m’a dit qu’on ne t’avait pas vue encore !
Posté dans Camille | Imprimer | Aucun commentaire »
[Camille] 1- Le miroir
12.6.2008 par François S.
Le miroir
Difficile de le croire. Pourquoi je vois Camille dans le miroir ? Et moi, où suis-je ? J’ai l’impression de regarder une vidéo érotique. Je suis à poil devant ma glace et au lieu de me voir, au lieu de voir un type mal rasé et légèrement dégarni, je vois ma femme, nue, qui me regarde, surprise, et imite instantanément chacun de mes mouvements. Je baisse les yeux vers mon torse. Pas de poils, une poitrine assez bien faite, légèrement tombante certes, mais appétissante. Un ventre plat, un pubis rasé et évidemment pas de pénis, mais bien une vulve. Pas de doute, c’est bien mon image dans le miroir.
Je relève les yeux vers le miroir. Que m’est-il arrivé ? J’éclate de rire. Je viens d’avoir une pensée saugrenue ; qu’est-ce que je vais faire quand j’aurais mes règles ? Je n’ai jamais mis de tampon, moi ! Comment fait-on ? Je reprends vite mon sérieux. Une idée me traverse l’esprit. Je file vers la chambre et allume le plafonnier. Un mec. Il y a un mec dans mon lit. Il se réveille en sursaut, s’assoit dans le lit et me regarde : « t’es dingue Camille ! Qu’est-ce qu’il te prend ? Je me lève que dans une heure moi ! Tu pourrais me laisser ronfler encore un peu ! ». J’éteins, je sors sans rien dire. Le mec dans le lit c’était moi, c’était celui que j’aurais dû voir dans le miroir et maintenant je sais, je suis vraiment Camille, ma femme. Je redescends dans la salle à manger, je m’assois sur une chaise, les deux coudes sur la table et maintenant, j’essaie de comprendre. Si possible, rester calme, ne pas angoisser, ça doit être simple et logique. Ce n’est peut-être qu’un rêve. Laissons nous porter, ça fera des souvenirs au réveil.
Je n’ai pas le temps de vraiment réfléchir. Dominique est descendu. Enfin, disons l’ancien Dominique, pour être exact. Parce que c’est un autre moi-même, qui est venu me rejoindre. Il a enfilé un peignoir et semble intrigué. Je me dis que c’est dommage qu’il ait mis son peignoir. J’aurais bien aimé me voir déambuler à poil, pour me rendre compte, pour m’observer un peu.
- Ça ne va pas ? Il y a quelque chose qui ne va pas ?
- Hein ? Non, non, rien. C’est juste que j’ai mal au ventre, un peu.
Je me marre intérieurement. Tiens attrape ça bonhomme. À ton tour de ne rien comprendre aux femmes ! Il a l’air désemparé.
- Tu veux que je te prépare une tisane ? Tu devrais mettre un peignoir, tu vas attraper froid. Si ça se trouve, c’est même pour ça que tu as mal au ventre !
Je ne réponds rien. C’est amusant de le voir réagir. Rien que pour cet instant, ça valait le coup d’être une gonzesse ! Qu’est-ce qu’il a l’air penaud !
Et puis je réalise quelque chose soudainement ; Lui ne semble pas troublé d’être un homme, on dirait même qu’il l’a toujours été. Il m’a appelée Camille tout à l’heure, donc il n’a aucun doute. Je serais donc le seul, dois-je dire la seule ? À savoir qu’hier j’étais un homme avant de me réveiller ce matin ? Est-ce que je rêve ? Que quelqu’un m’explique. Par pitié !
Il revient avec un bol d’eau chaude et quelques sachets d’infusion. Je n’ai jamais compris comment on pouvait boire ces trucs là, j’ai toujours préféré le café bien fort. Il n’a qu’à me rapporter des biscottes et du beurre allégé pendant qu’il y est !
- je vais te chercher ton peignoir. Tu as la chair de poule !
Pendant qu’il file dans l’escalier, je rigole d’avance. Je ne vois pas comment il pourrait le retrouver alors que je n’ai jamais été fichu de le faire. A tous les coups il va me demander « Dis-moi, où l’as-tu rangé ? » À chaque fois Camille me répondait « A sa place ! ».
Ça ne loupe pas.
- Dis-moi, où l’as-tu rangé ?
-À sa place !
Et je trempe un sachet de thé noir dans le bol d’eau chaude. Je savoure cet instant. Ce n’est pas bien long, il a fini par le trouver ce fichu peignoir. Il s’approche et me le passe sur les épaules. Il en profite pour m’embrasser affectueusement derrière l’oreille. Merde ! Je ne m’y attendais pas ! Je sens un dégoût m’envahir. Il va falloir que j’assume ça maintenant. À ses yeux, je suis une femme. Sa femme. Mais moi je ne vois qu’un type qui me ressemble. En fait, je me vois moi-même, je sais par cœur ce qu’il est puisque c’est moi. Il va me poser les mains sur les épaules, se pencher à nouveau pour m’embrasser dans le cou cette fois. Il bandera légèrement, ma peau le fait toujours bander quand il l’effleure de ses lèvres. Éventuellement il va s’aventurer un peu plus, me caresser le visage, tenter un baiser, puis une caresse plus précise. Puis…
Il pose ses mains sur mes épaules. Je me lève immédiatement, comme si j’avais ressenti une brûlure terrible.
- Excuse moi, j’ai mal au ventre, je vais aux toilettes.
Ça m’a toujours fait débander quand Camille me disait ça. Puisque je suis Camille et qu’il est Dominique, je n’ai qu’à m’en servir maintenant ! Assise sur la cuvette, je ris en silence. Il n’est pas près de me sauter. Je n’arrive pas à m’imaginer dans un lit avec lui. La situation devient sérieuse, je commence à comprendre que ce n’est pas un rêve. Que je suis en pleine réalité ! Ce matin, je me suis réveillé et j’étais devenu ma femme. Mais il reste une chose que je ne comprends pas. Dominique n’est pas troublé, lui. Nous n’avons donc pas échangé nos rôles, il est donc possible que je me sois dédoublé ? Mais alors, qu’est devenue la vraie Camille ?
Posté dans Camille | Imprimer | 1 commentaire »
La grande envie de rien faire quand je suis revenu de là-bas.
12.6.2008 par François S.
Oui, voilà je me suis éloigné 2 semaines des ordinateurs et au retour, j’avais perdu l’envie d’écrire ici.
Ça revient, doucement, comme un virus qu’on aurait mal soigné.
Là-bas, loin du virtuel, c’est un chouette pays peuplé de chouettes gens.
“5 ethnies, 5 religions et tout le monde vit en bonne entente” C’est une petite phrase qu’on m’a dite le jour de mon arrivée. Je confirme. Avec la nuance suivante : certains ne sont pas croyants mais ils se cachent.
Oui, c’était bien. beaucoup de rencontres, beaucoup d’amitié, un chouia trop de religiosité.
On y retournera sans doute.
Posté dans bétises, divers | Imprimer | Aucun commentaire »