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Autres eux
autres moi
Archive pour fév
Le dernier de la liste
26.2.2008 par François S.
Je m’appelle Zvut, Zacharie Zvut. Un nom pas facile à porter. À supporter plutôt. Passe encore que mon nom de famille soit celui d’un pilote estonien de deux épisodes de Tintin, ce personnage est plutôt sympathique. Mais c’est l’humour qui s’y rattache qui est difficile à vivre. Depuis que je suis gamin chaque personne à qui je me présente me rejoue cette petite saynète tirée de la bande dessinée : “soyez poli, monsieur, je ne vous ai pas insulté, moi!” et s’ensuit toujours un éclat de rire satisfait. Je me prête au jeu mais le coeur n’y est pas. J’entrevois le sentiment de supériorité de mes interlocuteurs. Leur certitude que je porte un nom ridicule. Et pas eux. Leur nom ne porte pas à rire. Ce sont des gens sérieux. Alors que quand on s’appelle Zvut, on est forcément quelqu’un dont le sérieux et la sagesse reste à prouver.
Ça c’est encore peu de chose, quelques détails d’une vie pas très originale ni très drôle.
Zacharie ; quelle idée ont bien pu avoir mes parents de me choisir un tel prénom ? Zvut c’est le nom de mes ancêtres, Zacharie, c’est le prénom de mon grand-père. J’aimais mon grand-père, je n’ai jamais pensé à prendre un pseudonyme. Mes copains s’en sont chargés. Ça me fait deux Z pour initiales. Ont ils seulement pensé, papa et maman, aux surnoms dont mes camarades m’affubleraient ? “Zedzed”, celui là est encore assez original à porter, quoiqu’il me fut attribué par l’instituteur, mais “Zéro”, “Zozo”, “Zaza”, “Zazu”, c’est moins flatteur. Surtout vers onze ans, au collège quand on apprend l’anglais et la prononciation du Z ; c’est là qu’est apparu “Zizi”. Et toute la classe de rigoler. Et ça vous suit jusqu’en terminale ce genre de surnom à la con ! Et il y a toujours un nouveau, ou pire, une nouvelle, pour demander s’il y a quelque chose à savoir que eux ignoreraient encore sur ma constitution physique. Sept ans de malheur, de la sixième à la terminale. Et on dit “ouf” parce qu’on a pas redoublé et qu’on a pas eu à supporter une huitième année de “Zizi”.
L’appel en classe. Depuis le début de ma scolarité, toujours le dernier de la liste. Que ce soit par prénom ou par nom de famille, l’ordre alphabétique est impitoyable ; Z reste la dernière lettre de l’alphabet. De temps à autres un prof s’amuse à commencer par une autre lettre que le A, mais c’est presque pire s’il commence par le Z. On ressent alors une compassion que l’on a pas demandée et un sentiment d’infériorité apparait alors, et un sentiment de révolte contre ce sentiment prend le dessus. Et on fait une connerie pour qu’on ne s’apitoie plus sur son sort, et on se prend des heures de colle, et on se fait engueuler en rentrant le soir. Saloperie d’alphabet ! Qui a bien pu décider de lui donner un ordre ? Un sens établi unanimement par tous et pour l’éternité ? Il faut s’appeller Zacharie Zvut, ou plutôt Zizi pour se poser ces questions là. Sinon, l’humanité entière s’en fout. C’est sûr et certain.
Le dernier. Puisque j’étais déjà le dernier par ordre alphabétique, je ne voulais pas cumuler en étant aussi le dernier de la classe. Eh bien c’est perdu ! Je n’étais pas toujours, mais souvent dernier. Ne cherchez pas pourquoi, c’est encore la faute de mon nom. Eh oui ! Imaginez un peu un prof qui corrige les copies ; il en a déjà corrigé une trentaine et la dernière sur laquelle il tombe n’est pas parmi les meilleures. En plus c’est celle de ce fameux « Zizi ». Résultat, une note pitoyable. Et ce, pour chaque matière. Au classement général, ça ne donne pas un truc génial. Et ça démoralise, on se dit qu’on y arivera jamais. Alors on insiste plus, on décroche comme ils disent. La seule chance que j’aie eue, c’est que mes camarades n’étaient pas trop mauvais, alors en étant le dernier de la classe, j’étais tout de même un élève moyen. Mais ça je m’en fous. j’étais dernier et je devais l’annoncer à mes parents chaque fin de trimestre. Du premier au dernier.
Les listes. J’ai eu toute ma vie pour y penser. On vit dans un monde de listes de noms. On ne peut s’en rendre vraiment compte que si celles-ci nous nuisent. La liste des élèves de la classe, la liste des électeurs, la liste des conscrits, la liste des résultats au bachot, la liste des candidats potentiels à un poste. Toujours dernier, vous vous rendez vite compte que cela influe sur les interlocuteurs. Imaginez un employeur, il n’a pas envie de voir chaque candidat qui se présente quand il en a une quarantaine sur sa liste. Souvent il fait son choix parmi les premiers qui se présentent, alors quand on est le dernier de la liste… Parfois on n’est même pas convoqué pour un entretien. Pire encore ; le mailing qui a planté avant la fin. Là vous ne recevez jamais le courrier qu’on vous destinait. Ne riez pas, ça arrive plus fréquemment qu’on ne pense. J’en sais quelque chose.
Un choix de vie. Je me suis dit que j’allais tirer avantage de tout cela, en rajouter pour aller jusqu’au paroxysme. Une sorte de record du dernier. Alors j’ai choisi minutieusement ma rue ; la dernière de la liste alphabétique, le numéro est aussi le dernier, et je suis au dernier étage de l’immeuble. Ça a été facile, l’immeuble est insalubre, le propriétaire était vraiment ravi de trouver un locataire. On était deux à être content ce jour-là. Après j’ai moins rigolé. Les murs suintaient, le robinets fuyaient. La vie y était minable.
Le dernier de la liste. On ne choisit pas ni sa vie, ni sa mort. Hier la bombe a explosé. Elle a rasé la majeure partie de la ville. Il y en a eu d’autres sur le pays. Sur le continent entier peut-être. J’ai l’impression en tout cas qu’il n’y a plus grand monde en vie dans ce pays. Je vis dans une cave avec quelques cafards. Je trouve de quoi manger dans les décombres. Mine de rien je me sens presque bien dans cette solitude. Plus personne pour m’appeler « Zizi ».
Zoé. On s’est rencontrés il y a deux jours. Elle a eu des nouvelles de la planète par une petite équipe de survivants. Il n’y a plus grand monde sur terre. Nous sommes sans doute les derniers. Nous serons les premiers dorénavant. Les premiers de la reconstruction. Si je peux, si on a des gosses un jour, je leur apprendrais l’alphabet à l’envers.
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Trois pommes
25.2.2008 par François S.
(un texte de 2001)
Voilà ce qui m’est arrivée cette semaine.
C’est assez étrange, suffisamment pour que j’aie envie de vous le raconter.
Lundi soir, juste avant de m’endormir, j’ai une vision. Un flash. J’étais en pleine possession de mes moyens, ni alcool, ni drogue. Simplement un peu de fatigue.
La vision : trois couleurs vives, bleu, jaune et rouge, alignées comme sur un drapeau. Devant chaque couleur, une pomme. Chaque pomme n’ayant pas vraiment de couleur définie.
mon rève.
Mardi soir, n’y tenant plus j’écris ce texte.
« 3 couleurs ; bleu, jaune et rouge.
3 couleurs et devant, 3 pommes.
Chaque pomme a le goût de la couleur qu’elle expose. Si vous croquez dedans vous saurez votre destin, vous retrouverez votre enfance, vous saurez qui vous êtes.
Devinez, faites l’effort d’imaginer ce que chaque couleur représente. Pourquoi croquer une pomme vous inspirera une couleur.
Vous n’avez peut-être jamais fait de lien. Faites le. Revivez les goûts, revivez les instants de votre vie. Imaginez. Fermez les yeux. Savourez.
Bleu.
C’est frais. C’est infini. On plonge dedans. On plane. C’est le ciel, c’est la mer. L’air et l’eau.
Sortir de l’eau pour entrer dans l’air. Crier. Remplir ses poumons de cet air. Hurler pour expulser cette brulure. C’est le premier cri, la première dose de cet air, drogue indispensable. Vous ne pourrez plus vous en passer. L’eau ; vivre c’est remplir son corps d’eau, régulièrement, sans même en être conscient. Remplir son corps d’air et d’eau. C’est ça vivre.
Votre première pomme a le parfum de l’enfance. Votre enfance a la clarté de l’air et la fraicheur de l’eau. Vos premiers instants de vie ; l’eau puis l’air. La première inspiration, le premier cri : bleu.
Jaune.
Le soleil. La lumière du jour, les champs de blé. L’été. Les deux mois de vacances de votre enfance. Deux mois qui semblaient infinis. Aussi long que le reste de l’année scolaire. Souvenez vous. Le soleil sur votre peau. Sa chaleur ; la lumière éblouissante. Les blés, comme des vagues blondes poussées par le vent.
Cette pomme. La plus sucrée. Celle que l’on voudrait manger encore ; cette pomme, la deuxième. On à commencé à la croquer un soir de juin, on l’a terminée quinze ans plus tard, un matin de septembre. Parfois, aujourd’hui, une odeur, une saveur, une lumière nous la rappelle ; le sucre frais de sa chair. Instants maintenant fugaces, autrefois éternités. Cette pomme ; soleil et chaleur. Cette pomme : jaune.
Rouge.
Sang, amour. Brulure. Vous avez grandi, vous avez souffert, vous avez aimé. Votre cœur a battu. Fort. Des sensations. Comme une course infinie. Des larmes tièdes sur vos joues. Un enfer ; un enfer qu’on ne veut pas quitter, qu’on veut quitter ; le bonheur. Le malheur. Construction et destruction. Un jour la guerre, un autre, la chaleur d’un baiser. Cette troisième pomme que l’on dévore, parfois écœurante, on la mange longtemps. Celle que vous mangerez entièrement, pépins compris. Sucrée et amère tour à tour. Savourez la, c’est la dernière. Gardez bien chaque morceau dans votre bouche avant de le mâcher. Longtemps. Patientez un peu avant de la croquer à nouveau. C’est la dernière vous dis-je. Cette pomme, rouge sang, chaude comme l’amour, cette pomme, la troisième, la dernière : rouge. »
Jeudi soir, je reçoit un livre dans ma boite aux lettres. Un beau livre sur René Magritte. Je l’avais commandé, je l’attendais. Je le feuillète un peu et je m’arrête sur une reproduction.
« les jeunes amours »
R. Magritte : « les jeunes amours »
Voilà. Ma petite histoire est terminée. Je n’en déduit rien, je suis simplement troublé.
François Soulabaille (2001)
three-apples.doc, tres-manzanas.doc
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Selon la police / selon les organisateurs
13.2.2008 par François S.
Vous connaissez cette formule habituelle en temps de manifestation.
Eh bien à Clamart nous avons adapté ce gimmick à la rédaction du projet UMP !
Dans le projet, la tête de liste, Jean-Didier B., écrit en introduction : “Pour relever ce défi, j’ai rassemblé une centaine de Clamartois, issus de tous les quartiers et de sensibilités politiques différentes. Nous avons réfléchi pendant plusieurs mois sur l’ensemble des sujets qui vous concernent.”
Comme je me suis demandé ou on pouvait réunir régulièrement 100 Clamartois sans que toute la ville ne soit au courant, j’ai cherché sur les forums Clamartois et j’ai trouvé quelque chose d’amusant sur le forum de Clam-clam, le site qui soutient une autre liste composée en partie de dissidents de l’UMP (Dont Didier R. justement à qui j’ai répondu dans le message précédent)
voici quelques extraits :
“Invité écrit :Les militants ne pouvaient participer qu’a deux commissions, sur les 20 organisées je crois … et dans chaque commission a mon avis il devait bien avoir 15 personnes donc dire que telle idée est à telle idée est à intel est ridicule à mon sens. “
“Une UMP Clamartoise écrit : si tu as des souvenirs , sur 15 personnes , il y avait que 3 ou 4 qui donnait leur travail , et la moitié des autres réunions étaient desertées , et ne voyaient déja que leurs noms sur la liste , lui il avait des convictions , Clamart et Jean Didier avant toutes choses”
“Invité (un autre sans doute) écrit : y avait pas 20 commissions , tu es de Marseille ?”
Donc, si ceci est -à peu près- exact (et il n’y a pas de raison de mettre en doute des “amis” de JDB, n’est-ce pas ?) , il y aurait-eu :
15 participants, une vingtaine de fois au mieux, selon Clam-Clam et 100 Participants pendant des mois selon JDB.
Pour une fois, après avoir lu le projet de JDB, j’aurais tendance à croire clam-clam !
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Le développement durable selon le candidat UMP des municipales de Clamart
12.2.2008 par François S.

Son projet municipal est visible et téléchargeable ici :
http://www.jeandidierberger.com/archive/2008/02/09/le-projet-2008-2014.html
J’ai beau lire et relire les 8 PREMIERS points de son projet (s’ils sont en premier c’est donc qu’ils sont les plus importants ?) , je ne comprend pas :
Le titre est “Le Développement durable au cœur de notre projet” or, si je vois bien en numéro 1 « Grenelle municipal de l’environnement et du cadre de vie » et en 4 “S’engager sur le HQE”, je vois ensuite en 2, 5 et 6 des sujets qui concernent les crottes de chiens et les tags…En quoi cela concerne t’il le développement durable ?
Par ailleurs en 7 il propose de fleurir tous les quartiers de la ville ce qui aura un cout élevé en eau et est donc en totale contradiction avec les conclusions du Grenelle de l’environnement ou il est préconisé d’économiser l’eau.
Ensuite, j’aimerai comprendre ce que viennent faire les plaques de rues (point 8 ) dans le développement durable.
Et pour finir, je ne comprends pas comment une forêt, devenue parc forestier (point 3) deviendrait alors un VRAI poumon vert, j’ai peine à croire qu’elle ne le soit déjà. Il va y planter d’autres arbres ou la déplacer en centre ville ?
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mergitur nec fluctuat
6.2.2008 par François S.
S’accrocher à une vieille planche qui flotte à peu près parce qu’on n’aime plus le bateau n’a jamais sauvé personne. Surtout si un navire de guerre est à l’horizon.
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I haven’t a dream
5.2.2008 par François S.
Je n’ai pas de rêves, je suis bien trop encré dans la réalité et la conscience du quotidien pour rêver encore.
Martin Luther King faisait un rêve, et aujourd’hui tout le monde le sait mais qui peut encore dire ce qu’était ce rêve…
Si je n’ai pas de rêve, j’ai un idéal, j’ai des objectifs, j’ai un but.
Cela concerne deux domaines, mon quotidien et le monde qui m’entoure.
Dans ma vie privée, je veux vivre en harmonie avec mes idées, (mes idées sont simples, elles sont contenues pour l’essentiel dans le programme des Verts, et plus généralement dans les idées de -ce qu’il reste- de la gauche) C’est pourquoi depuis plusieurs années j’ai tout mis en oeuvre pour que cela se réalise. Ce n’est pas si dificile, il suffit d’enclencher le mouvement et le reste suit. A terme, c’est une stratégie gagnante.
Pour le monde qui m’entoure : je m’investit dans la société, dans le monde associatif, dans la politique. Parce qu’il ne sert à rien d’avoir une opinion si celle-ci ne sert pas aux autres. Regarder les infos à la télé et gueuler devant le poste ne changera rien au lendemain qui m’attend. Mais Lever son cul du fauteuil, éteindre le poste, rejoindre 2, 5, 10, 100 personnes qui partagent -plus ou moins- tes idées, se concerter et agir avec elles pour influer sur le cours des évènements, permet de se regarder avec un peu plus d’estime de soi dans le miroir. Discuter avec son voisin, ses amis, essayer de convaincre, entendre les arguments des autres, adapter son discours -sans pour autant changer d’idées- à celles-et ceux qui nous écoutent, écouter, écouter, écouter, et répondre, cela permet de mieux comprendre le monde, d’être plus ouvert aux autres. Agir, en tant que représentant, d’une association, d’un parti, être élu, avoir une charge, permet de mettre en action ses principes et ses idées.
Voilà, je ne rêve pas car depuis quelque temps j’ai quitté le virtuel pour le réel. Demain n’est pas virtuel, demain arrivera.
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