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La femme est l’avenir de l’homme.

Même si dans la vie courante elle est encore "le nègre du monde" comme le disait John Lennon, il est un domaine où l’homme parfois est/devient inutile : la reproduction de l’espèce.

Un mode de reproduction connu depuis longtemps, la parthénogénèse, permet à certaines espèces de se reproduire en l’absence d’un male. Certaines espèces animales sont composées uniquement de femelles, d’autres voient des femelles utiliser ce mode de reproduction quand les males viennent à manquer.

En 2001 une femelle requin marteau du Nebraska (et il faut être marteau, effectivement, pour vivre au Nebraska quand on est requin) a semble t’il utilisé ce mode de reproduction, l’information est-elle donc si troublante pour les humains males qu’elle ait pris 6 ans à paraître en public ?

Qu’en est-il de nous autres mammifères ?

Sur Wikipédia quelqu’un affirme péremptoirement : "Chez les mammifères, la parthénogénèse est impossible, en raison du phénomène d’empreinte, qui fait que la chromatine de l’ovule et celle du spermatozoïde sont différentes."

Mais en fait il s’agit d’une pure propagande masculine  car l’histoire de l’homme a plusieurs fois prouvé le contraire :

En 1937 Gregory Pincus (créateur de la pilule contraceptive) a réussi à déclencher ce phénomène chez des lapines avec 1 succès sur 200 tentatives, soit un rendement supérieur à celui du clonage de Dolly.

En 2004 des scientifiques ont utilisé le matériel génétique de 2 femelles pour développer un  embryon  (1 naissance pour 460 essais), il s’agit d’une forme de clonage qui a peu à voir avec la technique de Pincus.

En résumé, depuis 1939 les femmes auraient les moyens de dominer la planète en éradiquant les humains males. Si elles ne le font pas c’est parce que - au choix :

- Elles ne sont pas informées de cette technique de reproduction

- La recherche manquait de moyens pour approfondir le travail de Pincus.

- Les hommes se sont bien gardés de poursuivre les travaux de G. Pincus comme mode de reproduction possible mais essaient d’obtenir à bon compte des cellules souches pour l’expérimentation (après les tests sur les animaux, les tests sur les embryons femelles ?)

- Les hommes continuent de prétendre que c’est impossible à mettre en œuvre pour l’espèce humaine (et les mammifères en général).

- Elles n’en ont pas envie.

Women rules !

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Laurent

Le carnet.

Rapidement il prend note du montant de l’addition sur son petit carnet rouge. Bien entendu, il y inscrit aussi la date, le nom et l’adresse du restaurant. Celui-ci aura une bonne note, huit sur dix. Quand à ses convives, c’est assez simple : liste sept.

Voilà en quelques lignes, résumée une heure de sa vie. Ce soir il ressaisira ses notes dans la base de donnée qu’il a constitué il y a maintenant quatre ans. Cinq petites minutes de travail tous les soirs, mais quand au départ, il lui a fallu reprendre les mille-six cents carnets qu’il avait déjà remplis, ça lui a pris presque trois mois à raison de quatre heures chaque soir et des week-ends entiers. Vingt ans de notes. Et les nouveaux carnets qui se remplissaient s’y sont ajoutés. Il a bien cru ne jamais arriver au bout de la tâche qu’il s’était donnée.

Ce carnet là, c’est le dernier. Dès qu’il sera terminé, c’est son assistant numérique qui prendra le relais. Une belle invention quand on y songe ; il n’aura qu’à le placer sur son support relié à l’ordinateur et les données seront transférées en quelques secondes. Surtout c’en sera fini de l’angoisse du stylo perdu ou du carnet qu’il faut remplacer au dernier moment un dimanche à vingt heures.

L’assistant numérique.

Il en a profité pour ajouter quelques remarques supplémentaires. Maintenant par exemple, il reporte le menu exact qu’il a dégusté et c’est pour chaque plat et pour les vins qu’il attribue une note de zéro à dix. Surtout, il a créé une nouvelle base de donnée. Il reporte heure par heure sur son assistant, l’endroit où il se trouve, ce qu’il y fait et qui d’autre que lui est présent à ses cotés. Ça lui prend deux ou trois minutes à chaque fois mais c’est une réelle satisfaction de pouvoir se remémorer chaque instant simplement en consultant une base de données. Tous les soirs, il passe de longs moments à la consulter. Il revit quelques repas avec des amis, puis compte le nombre de fois ou il a dîné avec eux, revoit les moments qui ont précédé, ceux qui ont suivi, consulte les notes qu’il a attribué à un plat particulier dans différents restaurants. Revoir tous ces moments lui procure presque plus de joie que lorsqu’il les vivait.

La caméra.

Hier, il s’est acheté une petite caméra numérique. Ça fait déjà un bon semestre qu’il a augmenté la fréquence de ses enregistrements. Toutes les dix minutes il inscrit dans son assistant numérique une foule d’informations ; le temps qu’il fait, son humeur et un petit résumé des minutes qui viennent de s’écouler. Environ deux minutes de prise de notes et dix minutes plus tard il recommence. Six fois par heure ; toute la journée. La caméra, c’est pour pouvoir ajouter de l’image sur les mots. Elle offre la possibilité d’enregistrer des images fixes, comme un appareil photo. Il prendra une photo avant chaque prise de notes. Un appareil numérique n’aurait pas suffit, il n’aurait pas pu contenir assez de photos pour tenir une journée entière. D’après le vendeur la caméra était plus appropriée. Il a aussi acheté une dizaine de batteries. Il commencera à s’en servir lundi.

Internet.

Ainsi utilisée, la caméra n’est pas pratique. Demain il va s’équiper un peu plus. Il va acheter un ordinateur portable et un téléphone GSM avec un accès à internet. La caméra reliée à l’ordinateur fonctionnera comme une webcam. Les images seront envoyées vers un site Internet qu’il a créé à cet effet il y a une semaine. Elles y seront stockées, il a déjà installé sa base de données sur le site. C’est bien, maintenant il peut la consulter quand il le souhaite.

Pannes

Hier, son ordinateur portable est tombé en panne, l’assistant numérique a repris du service en attendant qu’il soit réparé. Il espère que la réparation sera plus rapide que pour la caméra ; voilà déjà deux semaines qu’il la déposée au service après vente.

Avertissement.

Son directeur l’a convoqué ce matin, il lui a tenu la jambe plus d’une heure. Impossible de rien noter, une heure de perdue à jamais. Il doit récupérer le portable et la caméra ce soir. Tout va reprendre son cours normal. Trois semaines ou il aura du mettre les bouchées doubles. « impossible pour vous de dégager un instant pour travailler convenablement » lui a dit le directeur, « dernier avertissement ». Ce n’est pas grave, demain ça va s’arranger.

Factures.

Voilà déjà deux mois qu’il est chômeur. Depuis lundi dernier il est assis devant son ordinateur et ne note plus rien. Au début, il était encore actif, notant chacun de ses gestes, allant et venant de la cuisine à sa machine, se faisant livrer des plats préparés par un traiteur. Mais dimanche soir, il a reçu un E-mail automatique du robot de l’hébergeur de son site Internet : son espace disque est saturé, il faut payer pour augmenter sa taille. Payer avec quoi ? Les crédits qui courent encore sur tout son équipement lui prennent la moitié de ses revenus, le reste sert à payer le téléphone et l’électricité. Les factures des traiteurs s’accumulent sur le bureau. Il est ruiné.

Alors, lundi, il s’est installé devant l’ordinateur, a débranché la caméra et a consulté sa base de donnée. En commençant par le début, en relisant chaque jour de sa vie.

Ses anciens repas le nourrissent à nouveau, ses anciennes rencontres lui tiennent compagnie.

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[Facebook] j’ai des amis aussi IRL

j’ai 174 amis sur Facebook. Ça fait seulement 3 semaine que j’y ai un compte et j’ai déjà 174 amis.

alors j’ai fait un petit calcul :

- mon père avait 2 frères et une soeur, j’ai 18 cousins et cousines

- ma mère avait 2 frères et 2 soeurs, j’ai 14 cousins et cousines

- on était une centaine d’élèves au même niveau quand j’allais au collège

- on était une centaine aussi en terminale au lycée

- le service militaire

- la première entreprise

- la seconde entreprise

- les associations

- la politique

- les amis de la vie, ceux qu’on s’est fait tout seuls

- la famille et les amis de ma femme

- les anciens profs, les anciens ceci ou cela, les gens qu’on a croisé dans des soirées…

- etc.

ça doit faire quelques milliers de personnes au final, à mon âge

Alors, je n’ai que 174 amis ! ?

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un an

Il y a un an, notre liste était élue aux commandes de la ville. Pour moi c’était une première, une nouvelle aventure.

Je ne suis pas du genre à faire des bilans. Le genre à regarder derrière pour voir le chemin parcouru, très peu pour moi ; si je m’arrête, je meurs. J’essaie de faire en sorte de n’avoir ni remords, ni regrets.

Et puis là je viens de lire un blog, celui d’un type que j’aime bien. Le genre de mec qui vous horripile parfois mais dont vous aimez quelque chose (mais quoi ?) qui fait qu’il ne vous lasse pas de le voir. Bref, mon pote a écrit un post, bilan de ses trois dernières années. Ça m’a donné envie de faire pareil. Comme j’ai pas envie de parler des deux premières trois dernières années (je me reconnais à fond dans cette formule. J’aime bien compliquer l’explication (comme par exemple faire une parenthèse dans une parenthèse (comme à l’instant par exemple) ça complique la lecture mais ça me fait jubiler parce que ça ressemble vraiment au fil  de mes pensées) parce que souvent en français il manque des mots pour exprimer une chose pas si rare que ça (ici les 2 premiers items d’une liste de 3) alors moi je m’invente une  formule qui va bien en bouche) je vais donc vous parler uniquement de la troisième année : de mars 2008 à mars 2009.

Voilà, on a été élus, j’ai une double délégation à un prix bradé (je suis délégué mais pas adjoint) et ça me plaît ‘achement.

Vous en voulez plus ?

Je bosse avec des gens super géniaux et j’ai l’impression que je suis apprécié. (Tiens, même en admettant que tout le monde soit hypocrite, ce qui est éventuellement possible, voire probable pour certains : eh bien je m’en fous, je prend le bon, je laisse le mauvais. Je savoure le présent.)

Et puis, ben voilà, faut bien le dire. Merci la vie. Il y a 7 ans j’aurais pas cru ça.

Et là, tout de suite je pense à elle, cette femme que je n’ai pas connue. Disparue il y a un an comme j’aurais pu, moi, il y a sept ans…

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Le romantisme ? voilà :


En fait voilà ; j’aimerai bien être amoureux de toi mais d’une autre façon que celle à laquelle on pourrait s’attendre.

Si tout se passait selon les règles habituelles, ça serait vraiment très conventionnel. Je suis marié, tu es mariée. Nous aurions une attirance l’un pour l’autre. Je tenterai une approche, tu te laisserais faire ou tu me ferais gentiment comprendre que ce serai peine perdue. Selon le cas nous irions un peu plus loin ou en resterions là.

Si nous allions un peu plus loin, ce serait d’abord en cachette de nos conjoints, de nos collègues, de nos proches. Puis un  jour cela deviendrait  public ; soit par une petite erreur que nous aurions commise soit  que quelqu’un nous aurait surpris à notre insu.

Alors ça deviendrait douloureux, il nous faudrait choisir. Nous ferions de la peine, nous aurions de la peine. Tout serait compliqué à vivre. Ce serait intense et déchirant.

Puis une fois nos destins choisis, tout retomberait comme un soufflé froid. Soit que nous aurions continué à vivre avec nos conjoints, soit que nous aurions décidé de vivre ensemble ; une routine s’installerait à nos dépends : travail, maison, garde des enfants, intendance, gestion, bla bla bla.

Non. Voilà ; Je voudrais être une femme et tomber dingue amoureuse de toi. Devenir lesbienne comme ça, instantanément à ta vue. Etre troublée quand je te croiserais dans un couloir. Frémir quand nous nous ferions la bise le matin en pensant à tenter quelque chose, à tourner légèrement le visage pour que nos lèvres se frôlent, à te toucher l’épaule  tout près du cou ou même la taille. Te demander le nom de ton parfum et en acheter un flacon pour en asperger mon oreiller et rêver de toi en m’endormant.

Etre mariée, avoir honte de moi et de mes pensées en regardant mes enfants et l’homme qui ne saurait rien de mon trouble.

Alors j’essaierais de te croiser le plus possible, de créer des occasions d’être ensemble, de te proposer de déjeuner à la même table à midi. De te raccompagner le soir de venir te chercher le matin. J’en deviendrais folle. Tu occuperais toutes mes pensées. Et j’aurais honte, honte, honte, mais je me complairais dans cette honte comme on peut éprouver du plaisir à s’enduire de boue tiède.

Et alors ma vie de femme prendrait un sens.

Et un jour tu saurais. Et tu me fuirais. Et après maintes tentatives de renouer avec toi un infime lien, je t’écrirais une longue lettre d’amour, aboutissement de mon désir charnel, et je m’empoisonnerais comme une adolescente romantique et perdue. Ce serait dramatique et beau comme le film « Casablanca ».

Mais donc voilà ; je suis un homme et je ne t’aime pas d’amour. Des fois, la vie c’est pas très exaltant, moi je trouve. Non ?

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J’aime pas…

Les gens qui me bousculent dans la rue, quand ils ne me bousculent pas c’est que je me suis écarté. J’ai le sentiment d’être iii (incolore, inodore, insipide) comme l’eau pure.

Le volume sonore de la publicité. Et surtout le fait que la première pub diffusée soit systématiquement la plus bruyante et crétine. Pas de démarrage en douceur, immersion immédiate dans le mode d’en bas, celui de nos instincts de consommateurs.

Les gens qui vous expliquent le trait d’humour qui ne vous a pas fait rire. Je comprends toutes les blagues mais certaines ne me font pas rire, suis-je normal docteur ?

L’idiot qui a reposé l’éponge sans la rincer ou qui l’a rincée mais qui ne l’a pas essorée. L’idiot c’est moi, souvent.

La gomme que votre voisin vous a lancée parce que vous la lui demandiez. Elle vous a échappé des mains à renversé le café sur le document que vous corrigiez (le café a dégouliné sur votre entrejambe) et a roulé sous le meuble, celui qui est trop bas pour que l’aspirateur passe dessous. Il y a beaucoup de poussière, votre manche de chemise en ressort noire (ainsi que votre main, ça ne partira pas, c’est le toner de l’imprimante que vous avez renversé le mois dernier). Les blanchisseurs ont des actions dans les plantations de caoutchouc sud-américaines.

Le retraité qui vocifère parce que les jeunes n’ont aucune culture mais qui ne donnera pas une seconde de son temps pour lutter contre l’illettrisme.

Les gens qui se plaignent de l’éducation nationale mais qui ne se présentent pas aux élections de parents d’élèves.

Ceux qui disent « on a fait Rome » Rome ne s’est pas faite en un jour et sûrement pas avec ces gens là.

Ceux qui disent « j’ai été à Paris au mois d’août » au lieu de « je suis un crétin de touriste ».

Les gens qui disent « quat’ » au lieu de « quatre », ceux qui disent « escuses » au lieu de « excuses ».

Ceux qui vous souhaitent « bonne ap’ » à treize heures et dont on ne saura jamais ci c’était « appétit » ou « après-midi ».

Ceux qui disent « travaillent bien » à leur enfant le matin devant la porte de l’école, je ne donne pas d’ordre de ce genre à mes enfants, je leur dit « amuse toi bien », ils travailleront suffisamment longtemps dans leur vie et surtout bien assez tôt pour qu’ils n’aie pas besoin que je les formate dès l’école élémentaire.

Les expressions toutes faites comme « tout à fait », « au jour d’aujourd’hui », « toutes choses égales par ailleurs », « en tant que de besoin », « vous n’êtes pas sans savoir »…

Ceux qui vous disent « carpe diem » ou même « akuna matata » au lieu de vous dire tout simplement « t’emmerde pas avec ces conneries ».

Ceux qui confondent Monet et Manet, Klee et Klein, Wilson Picket et Nelson Picket, qui confondent blues et gospel, qui achètent des disques comme « les airs classiques de la pub » et qui adoooorent les impressionnistes et ne connaissent que les champs de coquelicots de Monet.

Ceux qui assènent que la photo en noir et blanc est bien plus belle qu’en couleurs alors qu’ils n’ont jamais fait que des photos de vacances ou d’anniversaires.

Ceux qui sont certains qu’on ne peut pas être ami avec une personne du sexe opposé.

Ceux qui se disaient athées et qui ont une croix sur leur tombe.

Ceux qui se placent juste à côté de vous dans les pissotières pour hommes.

Ceux qui ne se lavent pas les mains après avoir uriné.

Ceux qui expliquent combien les sports d’hiver c’est vachement cool à d’autres qui envoient leurs gosses en colo parce qu’ils n’ont pas les moyens de partir en famille l’été.

Ceux qui disent « on a qu’à les renvoyer chez eux » en parlant des sans papiers qui sont venus en France, croyant y trouver une vie meilleure que chez eux, justement.

Les petites vieilles qui sont fatiguées dans le métro à 18 heures, elles reviennent des Galeries Lafayette. Les autres, comme moi, reviennent du boulot, qu’elles aillent se faire voir ; je reste assis.

Ceux qui sont tellement mal à l’aise dans le silence qu’ils ne peuvent s’empêcher de vous dire des banalités sur la météo ou le programme télé, voire leurs problèmes digestifs.

Ceux qui disent que les jeunes n’ont aucune éducation à la boulangère à qui ils n’ont pas dit bonjour et à qui ils ont demandé un pain sans dire ni s’il vous plaît ni merci, avant de repartir sans dire au revoir.

Les gens qui te parlent de leurs problèmes gastriques ou intestinaux quand tu leur dit machinalement « bonjour, ça va ? ».

Les potelets qui t’empêchent de marcher à coté de ton gosse en revenant de l’école.

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Céline


Quelques cailloux dans une poche, un petit canif et un petit bout de papier. Sur ce papier, griffonné à la hâte, un prénom, Céline, et un numéro de téléphone. Dans l’autre poche, rien. Non, pas vraiment rien. Un peu de sable fin, sans doute le souvenir d’un instant passé couché sur le sable.

 

Tout ça ne fait pas une identité. Qui suis-je ? Je voudrais bien appeler ce numéro de téléphone et demander à cette Céline si elle me connaît. Mais je n’ai pas une seule pièce sur moi. Rien d’autre à faire que de marcher droit devant moi. J’ai pris la direction du Soleil. L’ouest, je crois. Je crois que c’est l’après midi, mais je ne pourrais pas le jurer. Je n’ai pas de montre, j’ai l’impression qu’il y a des heures que je marche et que le Soleil n’a pas changé de position. Autour de moi c’est la forêt. Je marche sur une bande de sable blanc et fin qui forme une trouée longue et droite entre deux forêts de pins.

 

J’ai compté jusqu’à trois mille six cent dans ma tête, ça fait une heure en secondes je crois. Le soleil n’a pas bougé. Je m’étais assis, le dos calé contre un arbre, l’œil droit dans l’alignement du sommet d’un petit arbuste et du Soleil. J’ai fermé les yeux et j’ai compté. Quand j’ai eu fini, j’ai rouvert les yeux et le Soleil n’avait pas bougé. Il était toujours posé au sommet de l’arbuste.

 

C’est le même arbre. Celui que j’ai marqué de mon canif. Ça faisait un moment que je me disais que le paysage se répétait. Alors, j’ai marqué un petit pin isolé sur la droite de mon chemin. J’ai soulevé l’écorce et mis le fil du bois à nu. Pour être vraiment sûr, j’y ai gravé « Céline » puis j’ai repris ma route. Quand à nouveau j’ai vu un petit pin isolé sur la droite, je me suis approché de lui et j’ai retrouvé ce que je venais de graver trois mille six cent secondes auparavant.

 

J’étais fatigué de marcher alors je me suis allongé sur le côté du chemin, à l’ombre d’un pin. Je me suis endormi. Quand je me suis éveillé, il n’y avait plus de chemin et plus d’arbres. Il faisait déjà nuit. Pas de Lune, pas d’étoiles, impossible de voir quelque chose.

 

J’ai peur. Il fait nuit, je suis perdu, je ne sais pas qui je suis, je ne sais pas où je suis, je ne comprends pas comment passe le temps. Rien n’est logique.

 

Il fait jour maintenant. J’étais éveillé quand il est revenu. Il est arrivé soudainement, en un instant. Comme si quelqu’un, quelque part, avait actionné un interrupteur. J’ai repris mon chemin. Il m’a semblé entendre une couler une rivière au loin. Ce n’est pas le bruissement des branches dans le vent, il n’y a pas de vent. Il n’y a aucun autre bruit d’ailleurs. Pas le moindre bruit, et c’est comme ça depuis hier, mais maintenant j’entends ce bruit de rivière au loin. Je marche dans cette direction, j’ai dû quitter le chemin. De toute façon, ce chemin tourne en rond. Hier, je suis passé quatre fois devant l’arbre que j’avais écorché.

 

Soixante fois le Soleil s’est couché, soixante fois il s’est levé, soixante fois j’ai eu peur. J’ai dû m’y résoudre, je ne sortirais jamais de cette forêt, je ne saurais jamais la fin de cette histoire. J’ai réalisé que je n’avais ni faim ni soif. Que ma seule sensation était la fatigue quand j’avais beaucoup marché. J’ai remarqué que je ne transpirais pas sous le Soleil et que je pouvais le regarder sans être ébloui. Drôle de Soleil. Quand il se lève il se place immédiatement haut dans le ciel et quand il se couche il se contente de disparaître instantanément.

M. le médecin-chef, vous trouverez ci-joint le manuscrit retrouvé dans la chambre de M. N…

Ce malade n’a jamais accepté la nourriture que nous lui portions et nous avons dû nous résoudre à le placer sous perfusion au bout de quelques jours. Son agitation incessante et son délire permanent nous ont contraints à le sangler dans son lit. Il lui était impossible d’écrire la moindre ligne et ce, d’autant plus que nous ne lui avions fourni ni papier ni crayon. L’enquête est en cours et j’espère que nous éluciderons ce mystère. Je vous joins dans le petit paquet les quelques objets en sa possession. À savoir : quelques cailloux, un canif et un petit papier où est inscrit le numéro de téléphone d’une certaine Céline. Encore une fois, la présence de ces objets est inexplicable.

Je compte sur votre obligeance afin d’intervenir auprès de sa famille afin que les soixante jours d’hospitalisation nous soient réglés, ainsi que les frais d’obsèques.

 

P.S. : pourriez-vous faire intervenir les peintres dans sa chambre ? Les murs sont recouverts de graffitis, le prénom « Céline » y est inscrit sur tout autour de la pièce.

 

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Le Black Friday (Le spectacle continue !)


 

Le lendemain de Thanksgiving est traditionnellement le premier jour du lancement des soldes de fin d’année aux états Unis.

Chaque année depuis que le libéralisme est de mise en notre vieille Europe, chaque année donc, on nous diffuse un reportage télévisuel pour nous montrer la folie d’une foule se ruant à l’ouverture d’un magasin pour profiter des meilleures affaires. Ce qui est sous-entendu dans ce type de reportage, c’est qu’acheter est un comportement humain et vital pour ceux qui sont notre modèle économique. Il serait donc tout à fait normal de se ruer dans un magasin pour y dépenser en quelques instants une somme conséquente à condition qu’on nous l’ai présenté comme une bonne affaire.

 

Cette année le Black Friday n’a pas échappé à la règle. On  à même amélioré le procédé : un vendeur est mort.

Un homme est mort. Il est mort piétiné par une foule. Il est mort piétiné par une foule de gens qui l’ont bousculé, renversé, écrasé, piétiné seulement et seulement pour être les premiers à acheter un article en solde.

Ça c’est passé chez Wal-Mart, une chaîne de supermarchés américaine.

Un homme est mort d’avoir participé à une grande fête du libéralisme américain. Jusqu’ici Wal-Mart n’avait comme victimes que les chômeurs que la délocalisation due à ses techniques commerciales provoquait. Maintenant Wal-Mart a ses employés pour victimes directes.

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Martine & Ségolène

Mathématiquement, Martine aurait du récolter plus de voix pour elle et Ségolène n’aurait pas du en recevoir d’autre que celles obtenues au premier tour.

Ce n’est pas le cas. Loin de là.

D’où on peut en conclure que Ségolène a réuni autour d’elle alors que Martine a créé une division dans son camp.

Qui donc est la vraie gagnante finalement ? J’ai bien une idée…

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Récession <=> inflation ?

 15 octobre : Budget 2009: François Fillon prêt à augmenter légèrement le déficit si la situation reste difficile

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe/20081015.FAP1807/budget_2009_francois_fillon_pret_a_augmenter_legerement.html

Wikipedia : la récession peut réduire les besoins d’échanges monétaires (au profit du troc, par exemple), ou provoquer une défiance envers la monnaie qui symbolise l’économie touchée, les deux phénomènes stimulant aussi l’inflation ; tandis que le retour de la confiance se traduira par une désinflation voire déflation associée à la reprise des investissements et dépenses. Ainsi, l’inflation peut-être un signe de mauvaise santé économique et la désinflation le signe de la reprise.

Souvenez-vous en : Le gouvernement parie sur une inflation ramenée à 2,4 % en décembre et sur une inflation maitrisée à 2% en 2009.

Donc le père Noël existe. Il s’appelle sans doute Christine Lagarde. Le Petit Nicolas S. a déjà fait sa commande, il veut une reprise économique, le petit EricW. veut une panoplie de ministre des finances , quand au petit Claude G. il a demandé un costume de premier ministre. Durant l’Avent, nos amis les banquiers courrent les soldeset les braderies et nous, nous sommes bercés par le ron-ron de nos écrans plats et cathodiques.

Dormez braves gens, dormez…